Accueil Non classé Dégenrer ou déranger

Dégenrer ou déranger

0
0
39

Et pourquoi ne pas dégenrer les choses aussi ?

Dans une tribune « pro-inclusive», je lis la phrase suivante:

(source: https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/07/26/petit-dico-de-francais-neutre-inclusif/)

« L’inclusif une une forme non-genrée qui permet de désigner une ou des personne(s) de genre(s) inconnu(s), un groupe de personnes de genres différents (la dominance du masculin prend ainsi fin), ou une personne non-binaire qui souhaite utiliser l’inclusif (pour ne pas se genrer, etc.) »

L’auteur.-(e)-. ne va pas au bout de sa logique:

Pourquoi « inclusif » au masculin, en tête de cette phrase ?

Pourquoi ne pas dégenrer le concept de « personne » et conserver à ce mot une apparence féminine ?

Pourquoi ne pas dégenrer l’article « un » devant un mot par hasard et par bonheur épicène (« groupe ») ?

Etc.

Quant au fond, pourquoi ne pas dégenrer les choses, davantage justiciables d’un vrai neutre dont le français n’a pas hérité du latin ?

Pourquoi « chose » et « truc » conserveraient-ils un genre ?

Pourquoi, dans la phrase citée, « forme » et non « format » ? « groupe » et non « troupe » ?

Et les partisans de cette « révolution » sont prêts à aller loin dans le délire, voyez:

« L’inclusif se forme actuellement avec un tiret, un point (.), un point médian (•), une apostrophe entre le masculin et le féminin ou bien avec le E du féminin en majuscule (content-e, content.e, content•e, content’e, contentE). Le désavantage de ces formes est qu’elles fonctionnent bien à l’écrit mais sont impossibles à utiliser à l’oral.

Quand c’est possible, on peut également utiliser des mots valises (nouveau/nouvelle devient nouvelleau, danseur/danseuse devient danseureuse), ces derniers étant plutôt facile d’utilisation notamment à l’oral.

Note : on peut reprocher aux mots valises d’être issus d’un mélange de féminin et masculin et d’être donc trop binaire.»

Notre langue s’est construite lentement. Elle n’est pas parfaite: on peut la simplifier (« inclus , incluse / exclu, exclue »), on peut amender certains aspects (d’accord pour le retour à l’accord de proximité), on peut – s’agissant des personnes – féminiser les termes qui n’ont pas suivi l’évolution de la société (« professeure, rectrice »… rien que là, il y a du boulot).

Madame de Sévigné, à qui un homme disait: «Je suis malade», lui aurait répondu: « Je la suis également », se justifiant qu’en disant: « Je le suis », elle aurait eu l’impression d’avoir de la barbe.

Mais pourquoi tout jeter à bas ? Si une telle entreprise – tiens, un féminin à valeur positive: vous voyez qu’il y en a ! – si une telle entreprise aboutissait, qui, demain, saurait encore lire nos auteurs classiques et modernes ? On rangerait Stendhal sur la même étagère que les textes en sanscrit, peut-être ?

Post scriptum: un entretien roboratif sur le sujet, celui de Bernard Cerquiglini , audible sur France Culture quelque temps encore, grâce au lien suivant: https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/la-feminisation-des-mots-portee-dune-querelle

 

Ange

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par lebloguesansblague
Charger d'autres écrits dans Non classé

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Remariage, vous dites ?

Dans une famille recomposée, la loi confère à votre « nouveau » conjoint un quart de votre…